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TEXTES COURTS

Éditions Thierry Magnier
Mai 2015

LES TROIS CARAMELS CAPITAUX

IL a mené une belle vie, simple et honnête, sans tache. Aussi, lorsqu’il meurt, la première fois, il est sûr d’avoir gagné son paradis. Oui, mais Saint-Pierre n’est pas de cet avis : il n’a pas oublié les trois caramels mous volés à l’âge de sept ans et demi...

Mes trois « hommes »  de la collection « Petite poche » commençaient à se faire vieux. Mais comme j’aime bien changer, je n’ai pas voulu en inventer un quatrième dans le même registre. Celui-ci raconte à la première personne et cette fois il est question de religion, de croyance. Je me suis  rappelé mon premier disque vinyle, héritage d’une tante : « Les lettres de mon moulin » d’Alphonse Daudet, lues par Fernandel et en particulier « Le curé de Cucugnan », avec le paradis, le purgatoire et l’enfer.


Gallimard
« Scripto »

Mars 2013

Photo
Agnès Audras

Lire un extrait
de la nouvelle « Ouessant »

Jean-Claude Mourlevat
était l’invité de l’émission de 
RCF "À plus d’un titre
pour son roman Silhouette. Enregistrement public
au Campus Tréfilerie
à Saint-Étienne,
le 4 oct. 2013.

 

SILHOUETTE

10 nouvelles fortes et cruelles.

Lorsqu'elle découvre que son acteur préféré vient tourner près de chez elle, Pauline, une mère de famille discrète, répond à une annonce pour être « silhouette » sur le tournage.

Puisque ses jours sont comptés, M. Duc n'a qu'une idée en tête : retrouver les personnes auxquelles il a fait du mal autrefois et leur demander pardon...

Dans le car qui l'emmène en colo, Guillaume, 14 ans s'aperçoit qu'il a laissé son chat enfermé dans sa chambre. Il doit impérativement retourner le délivrer...

Que réservera le destin à ces héros ordinaires habités chacun de belles intentions ?

Dix histoires très différentes, dont les chutes tombent toujours comme des couperets. Jean-Claude Mourlevat souligne avec humour noir et jubilation l'absurdité de la destinée humaine et la vanité de nos élans.

L'idée d'écrire des nouvelles m'est venue, après « Terrienne », de ma longue incapacité à m'engager dans un nouveau roman. Toutes mes tentatives échouaient et j'étais à vrai dire assez découragé. Au point de me demander si j'écrirais jamais autre chose. Les idées ne me manquaient pas, mais l'énergie et l'élan oui. Alors j'ai pensé à des histoires courtes et je me suis lancé. Les deux premières que j'ai écrites ne figurent pas dans le recueil. J'ai trouvé le bon tempo et la cohérence à partir de la troisième seulement.

Pourquoi sont-elles aussi cruelles, me demande-t-on. Je ne sais pas. Je ne me suis pas posé cette question de fin heureuse ou malheureuse. Elle m'importe peu, cette question. La seule chose qui compte pour moi : est-ce que mon histoire est intéressante ? Est-ce qu'elle est juste ? Et surtout : est-ce qu'elle me plaît, à moi ?

Et puis, cela m'a fait « des vacances » par rapport à cette littérature de « jeunesse » où il convient de ménager les lecteurs, avec ce que cela suppose de concessions.

Mes préférées sont Silhouette et Ouessant.

À l'occasion du Salon du Livre de Paris 2013, Jean-Claude Mourlevat présente son ouvrage "Silhouette".
Auteur de la vidéo : Librairie Mollat


Collectif
Gallimard jeunesse
”Scrito”
2005

illustration couv.
Titouan Lamazou

DE L'EAU DE-CI DE-LÀ

Laissez-vous emporter par les flots d'histoires et le jaillissement d'images que vous offrent écrivains, dessinateurs, poètes, illustrateurs ! L'eau des sources miraculeuses et des moussons qui tardent, l'eau des origines, celles des fleuves qui tarissent, eau chlorée des piscines et vagues de l'océan, de la première goutte de pluie à la dernière larme, eau douce ou salée, minérale rare ou précieuse…


Bonnes vacances !

Collectif
Gallimard Jeunesse
"Scripto"
2004

"OUESSANT 59"
dans BONNES VACANCES !

Ce recueil propose 27 nouvelles d'auteurs variés, sur le thème des vacances. Il a été réalisé à l'initiative généreuse de l'association "L'Écrit du coeur", afin de soutenir le Secours Populaire Français dans son action en faveur des enfants sans vacances. Les auteurs, invités à s'exprimer sur ce thème, livrent certains de leurs meilleurs souvenirs, réels ou fictifs…

Commentaire de l'éditeur : Assez harmonieux quant à la qualité de l'écrit, cet ensemble de textes restitue parfaitement les ambiances de vacances, répondant ainsi à la vocation de l'ouvrage. Extrêmement contrastés malgré tout, les souvenirs diffusent des effluves de vieille maison, d'entassement joyeux, de sable chaud, autour de la fabuleuse construction d'un château de sable... mais aussi des souffrances affectives : séparation parfois violente, acharnement pour réussir, décès, arrachement à l'enfance, rencontre amoureuse imaginée (on ne peut éviter un fantasme d'adulte)… Certains analysent ainsi la formation du souvenir, l'approche du premier vrai roman, la victoire sur la peur du noir, la découverte de la télévision, mais aussi les premiers émois et le chaos sentimental de l'adolescence. Langage poétique, familier, imagé et coloré comme l'Afrique, tous les styles se côtoient, le plus souvent dans une écriture riche, travaillée, ciselée, qui permet des évocations délicates d'une rare qualité. […] (C. G.)

Commentaire de l'auteur : "Ouessant 59" est, parmi tout ce que j'ai écrit, une des choses dont je suis le plus fier. C'est une courte nouvelle, ça a l'air mineur, mais j'y suis très attaché. C'était pour le Secours Populaire. Il fallait écrire un souvenir de vacances. Réel ou imaginaire. J'ai écrit celui-ci, qui a l'air plus vrai que vrai, mais qui est une pure fiction, comme je le précise d'ailleurs en fin de nouvelle. Il y a dedans la douce mélancolie du souvenir (j'adore la chanson de Jonasz : Alors on regardait les bateaux... C'est la même petite musique) et la nostalgie de quelque chose qu'on n'a pas vécu, c'est étrange. J'aime sans doute ce texte parce qu'il représente, en abrégé, tout ce que j'essaie de faire dans mes romans, c'est-à-dire, l'intrication des vies inventées et de ma vraie vie, au point qu'on ne sait plus très bien définir les limites. La photo de l'histoire, je ne suis pas loin de l'avoir dans mon portefeuille.


Thierry Magnier
2004

L'HOMME QUI LEVAIT LES PIERRES

"Conte de sagesse, conte initiatique, écrit avec le charme et la verve d'un vrai conteur."
(Livres jeunesse, décembre 2004)

Ruper Oaza est l'homme le plus fort du monde. Chaque dimanche, sur la place du village, il soulève une énorme pierre devant la foule rassemblée. Petit et malingre, Peio est fasciné par la force de Ruper Oaza et rêve de le remplacer un jour. Ruper accepte de lui donner des leçons... sans pour autant lui faire toucher la moindre pierre !

J'ai eu l'idée de ce conte l'été 2003 au Pays Basque en regardant les hercules soulever des pierres de granit. Et aussi en regardant mes enfants expérimenter ce curieux phénomène : on se place debout contre un mur, de côté, et on pousse trente secondes avec le dos de sa main comme si on voulait repousser le mur. Ensuite on se dégage et on a cette sensation étrange : le bras s'élève tout seul, sans qu'on le commande.
Cette histoire parle aussi, bien entendu, de l'apprentissage (celui qu'il faut accomplir pour lever les pierres ou plus simplement pour vivre sa vie), du long temps qu'il demande, et des voies complexes qu'il emprunte.


Thierry Magnier
2003

L'HOMME À L'OREILLE COUPÉE

"Magique !"
(L’Argus de la presse, février 2003)

Dans un port de Norvège, un vieux marin raconte chaque soir comment il a perdu l'oreille qui lui manque. Mais ce n'est jamais la même histoire ! À l'écouter, il a eu mille vies et l'a perdue mille fois, cette fameuse oreille…
Qui saura un jour la vérité ? Personne sans doute, mais quel conteur !

Est-ce qu'inventer, c'est mentir ? m'a demandé un jour un jeune lecteur. Non, bien sûr, puisque tout le monde est d'accord : celui qui raconte et ceux qui écoutent, celui qui écrit et ceux qui lisent. Tout le monde est du même voyage. Inventer, c'est même le contraire de mentir ! C'est chercher ensemble parmi tous les possibles des représentations nouvelles, des "leçons", des situations qui nous renvoient à notre réel et qui nous rendent plus avisés pour le déchiffrer, plus forts pour le vivre.
Dans tous les cas, et plus simplement, "inventer" des histoires est un plaisir, un cadeau, une jubilation. Le vieil homme à l'oreille coupée le sait bien. Jusque sur son lit de mort !


Thierry Magnier
2002

L'HOMME QUI NE POSSÉDAIT RIEN

"Quel fantasme de pouvoir vivre ainsi toute une existence, pour voir, et de retourner à son point de départ !"
(Arple, n° 26)

Dans une oasis du désert vivait un homme qui ne possédait rien.
Un soir, un chameau propose de l'amener dans la ville de Topka, de l'autre côté du désert. L'homme s'y installe, y travaille, se marie.
Il oublie le chameau qui pourtant l'attend. Devenu riche et vieux, l'homme se sent seul. La nostalgie de son oasis le gagne…

J'ai écrit ce texte sur commande.
À l'automne 1999, le Secours populaire a demandé à une quarantaine d'auteurs d'écrire une nouvelle, une pièce courte ou un conte. Ces textes inédits composent aujourd'hui les trois volumes d'un recueil intitulé Des mots pour la vie. Le bénéfice de la vente est intégralement consacré au développement de projets culturels en faveur des plus défavorisés. J'ai donc accepté de livrer avant la fin décembre un "joli conte porteur d'avenir pour l'an 2000 " ! J'étais à cette période en pleine écriture de La Rivière à l'envers, si bien qu'au 15 décembre je n'avais toujours rien pour le Secours populaire… Et je devais partir dans le Ténéré quelques jours plus tard. Il y avait donc grande urgence… C'est sans doute l'imminence de ce voyage dans le désert qui m'a inspiré ce texte. La phrase-clé est bien entendu la question du chameau : "Voudrais-tu savoir ce qui arriverait si tu montais sur mon dos et si tu venais à Topka ?" Et le mot-clé dans cette phrase-clé est bien entendu le "si". D'ailleurs, qui d'entre nous ne serait pas fasciné à l'idée de pouvoir vivre cela ? Qui d'entre nous ne se demande pas : à telle ou telle époque de ma vie j'ai fait ce choix-ci. Que serait-il advenu de moi si j'avais fait ce choix-là ? Tu veux le savoir ? répondrait le chameau, alors monte… J'aime tellement ce thème et ce basculement dans l'étrange que je les ai exploités une seconde fois dans Hannah. Et j'ai poussé le clin d'œil jusqu'à nommer la ville Topka une seconde fois ! Quant à ma petite histoire de L'Homme qui ne possédait rien, j'ai été ravi de pouvoir l'offrir deux ans plus tard à la collection "Petite Poche" de Thierry Magnier.