Mon actu

Je viens d’achever un roman jeunesse. Il paraîtra chez Gallimard Jeunesse début 2018. Il s’appellera très certainement Jefferson. Comme dans « La ballade de Cornebique », la plupart des personnages sont des animaux. Le héros est un jeune hérisson, Jefferson, 72 centimètres de frousse et de courage. J’ai pris un très grand plaisir à cette écriture. J’ai beaucoup ri, mais il y a aussi un propos, je dirais même pour une fois un engagement de ma part, vous découvrirez lequel le moment venu.

Ah oui, j’ai été nommé le 23 mars 2017 CHEVALIER DE L’ORDRE DES ARTS ET DES LETTRES par notre ministre de la Culture et de la communication Audrey Azoulay

Agenda

1er décembre 2017 à 18 h

Lecture À voix haute
Centre de Vie Sociale
de Saint-Cyr/Loire
Réservation au 02 47 49 59 10
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14 décembre 2017

Lecture et rencontre
« Un livre Un vin »
Librairie Lattitudes de Budapest (Hongrie)
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11 janvier 2018

Lecture À voix haute
Issoire (63)
Salle du Strapontin
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30 janvier 2018 à 18 h

Lecture À voix haute
Auditorium du lycée Jean Vilar
Avignon
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31 janvier 2018 après-midi

Dédicace
Librairie L’eau Vive
Avignon
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19 et 20 février 2018

Lycée Français de Tenerife (Espagne)
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Du 8 au 13 mars 2018

Lycées Français de Lisbonne et Porto (Portugal)
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Du 25 au 27 mai 2018

Salon du livre de Caen
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Dernière parution

MES AMIS DEVENUS

Ouessant
Accoudé à l’embarcadère, un homme scrute la ligne d’horizon.
Dans quelques instants le ferry va se dessiner dans le lointain et lui apporter ses quatre amis. Le premier est comme son frère, mais il n’a pas revu les trois autres depuis quarante ans.
Le vent fouette son visage ; les mouettes crient ; le jour décline.
Lours’ est-il toujours une force de la nature ? Luce est-elle toujours aussi folle ? Mara ressemble-t-elle encore à celle qui l’avait ensorcelé, autrefois ?
Et lui-même, comment sera-t-il à leurs yeux ?
Qu’avons-nous fait de nos rêves ?
Que sont nos amis et nos amours devenus ?

Mes amis devenus est de tous mes romans, celui dans lequel il y a le plus de moi. J’ai puisé abondamment dans mes souvenirs d’enfance et d’adolescence. Mais j’ai transposé, bidouillé, réinventé, truqué, sublimé, bref j’ai fait mon travail d’écrivain. Il y a la nostalgie bien sûr, mais j’espère qu’on sera sensible tout autant à la drôlerie. Les deux vont ensemble je crois.

Extrait

[...]
Ma mémoire me ramène plusieurs fois, bien malgré moi, à cette scène qui concerne Mara et moi et qui a dans mon souvenir la violence d’un accident de la route :

Je travaille dans le poulailler, vêtu d’un short taché et de vieilles bottes en caoutchouc. J’ai dix-sept ans. Je suis torse nu, mes jambes, mes bras, ma poitrine sont maigres. Mon visage, mon dos, mes cuisses dégoulinent de sueur à laquelle une poussière grisâtre se mêle. J’en ai dans les yeux, sur les cils, dans les narines, sur les lèvres. Mes cheveux sont collés à mon front. Je suffoque dans l’air saturé de l’odeur âcre des fientes. Mon père m’a demandé de nettoyer ce poulailler et je m’exécute à contrecœur, le plus vite possible, avec ma large pelle et mon balai. Dès que j’aurai fini, je prendrai une douche, je mettrai une chemise fraiche, je me parfumerai, je sauterai sur ma mobylette et j’irai rejoindre Mara, en ville. Elle n’aura aucune idée de ce à quoi je ressemblais une heure plus tôt, puisque toute trace, toute odeur auront disparu. Or mon projet s’effondre car voilà qu’elle surgit de façon impromptue à la porte du poulailler, et me surprend dans cette situation, la plus humiliante qu’on puisse imaginer. Avec ses cheveux noirs et bouclés, sa robe rouge et courte qui découvre le doré de ses jambes jusqu’à mi-cuisse, ses bras et ses épaules nus, elle est d’une beauté sidérante et parfaitement déplacée en ce lieu. Je suis écrasé de honte. C’est pire que si elle m’avait surpris nu. Elle recule d’un pas, pour ne pas avaler la poussière qui vole, elle bute contre la brouette, agite sa main devant son visage, siffle et me lance : salut Silvère ! Waouh ! Elle me sourit mais c’est trop tard, j’ai vu sur sa bouche, sur sa très jolie bouche, le bref et incontrôlable rictus, le coin relevé de la lèvre supérieure qui signifie clairement : mais c’est dégueulasse ! J’ai lu aussi l’étonnement dans ses yeux : c’est donc là que tu vis, c’est donc là d’où tu viens ?
[...]

En cours

Après La ballade de Cornebique et Jefferson, j’ai la tentation d’enchaîner par un troisième roman animalier. C’est un genre que j’affectionne parce qu’on est dans le pur imaginaire et qu’en même temps on est au plus près de tout ce qui nous concerne et nous anime, nous autres les êtres humains. Mais j’ai aussi un roman adulte qui me trotte dans la tête. À voir dans les prochains mois ce qui prendra le dessus et deviendra l’évidence.